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Depuis 2006, de nuit, comme de jour, je descend dans la rue, et colle des dessins originaux sur les murs.
Des dessins à voir, regarder, parfois même déchirer et jeter ou décrocher et emporter (c'est mieux)… puis encadrer chez soi et exposer dans son salon - ou même encore offrir. Oui, de temps en temps un passant les déchires, un taggeur les taggs, un autre les vend sur internet. Ainsi, l'image est livrée - sans artifices - au jugement et à l'action du quidam.

Le STREET LIVING-ROOM ART est né…

Chaque dessin est réalisé sur papier aquarelle 200grammes, avec encre de chine et crayon de couleur. Les formats : 18cm x 24cm - 36 x 48 cm - 70 x 100 cm.

Les petits et moyens formats sont parfois dans une pochette de cellophane transparent - comme pour accentuer encore leur caractère offert.
Au recto ou verso se trouve également un tampon avec l'adresse du site www.lioxart.com

Les dessins sont composés de symbols basiques considérés dans mon travail comme de précieux outils : Marianne, cœur, tête de mort, ange…

Avec le dessin représenté, figure toujours - comme sur une affiche - un titre calligraphié très présent dans l'ensemble.
Cependant, l'œuvre en elle-même n'a que très rarement un message péremptoire - plus souvent une interrogation, et - de préférence - avec un trait d'humour… je n'oublie pas mes pairs graphistes et dessinateurs : Steinberg, Chaval, Tomi Ungerer, André François…

 

Les lieux régulièrement collés :

Rue de Ménilmontant

Rue Oberkampf

Rue des Archives

Rue des Francs bourgeois

Rue des Rosiers

Rue de la verrerie

Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie

Sur les murs du Carreau du tempe


Cette activité me prend un temps maintenant non négligeable.

Cependant, dans sa forme et son fond, il nourrit aussi le travail de peinture.
Depuis les débuts de cette activité, j'ai collé ainsi des milliers de dessins - je dirais jusqu'à maintenant (2010) largement plus de dix mille en prenant en compte également les differents happenings dans les foires et les évènements FOREST DRAWINGS.
Cela me force à travailler vite, produire beaucoup et marcher dans la rue tout autant.
Par ces necessités, le dessin devient logotypique, le trait graphique à l'extrème, et son message au passant, récurant.
Finalement me dis-je, pour un artiste le jugement de la rue peut être éminament pertinent et fertile.

L'echec incontestable d'une telle démarche à mon sens, serait que les dessins ne se voient pas. Qu'ils soient noyés dans cette jungle graphique et publicitaire du dehors. Mais il n'en est rien.
Résolue, acharné comme je le suis parfois, je me suis fixé des lieux réguliés pour coller. Il me faut tout à la fois espacer suffisament les dessins pour éviter "une raffle" de plusieurs dessins par un seul collectionneur, mais ne pas trop "diluer" dans Paris mes collages.

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Sticked drawings in the street


Je traverse une singulière période : Je marche parfois la nuit dans la capitale pour y coller des dessins. Mais ce sont là, des dessins originaux signés qui devraient être vus, peut-être regardés, mieux encore... décollés, emportés, encadrés !

Pas tous cependant. J'use parfois parfois aussi de colle de farine. Là, les images sont indecollables, eventuellement dechirées, tagées par d'autres.

Mettre ses chaussures, prendre son matériel et se jeter dans cette jungle de panneaux de publicité, de signalisation, flêches, grafitis, signes et symboles divers obligent à dessiner des images sachant se défendre.
Je note que les murs de Paris ont aujourd'hui encore des créations d'artistes, travaillant parfois dehors depuis plus de 20 ans. Jeff Aerosol, Misstic...

Par les quatres côtés de la feuille, avec force double-face je colle des centaines, des milliers de dessins.
Il y a quelques années, je m'entrainais alors à ce que je dénommais des "marathons dessins". Consciencieusement, je dessinais durant des heures, sans relâche, des dizaines de dessins. Il y avait là un peu de l"'écriture automatique". La répétition entrainant d'autres façons de penser et de faire.
Aujourd'hui, ces marathons-dessins m'occupent à nouveau en partie, mais trouvent un aboutissement plus large que dans les cartons ou au sein d'une expositon fermée.
Les thématiques abordées sont mes sujets fetiches : sexualité, morale, religions, politique… le tout si possible condensé.
A celui qui regarde et apprécie, je dis : prends, décolle, emporte, encadre… ce dessin est pour toi.

A la vérité, je trouve là aussi un petit coté romanesque qui n'est pas du tout pour me déplaire : anticiper sur les rondes nocturnes des policiers, les mauvaises rencontres, et bien sur les comportements très variés des passants. Je note aussi que certaines rues par exemple, sont plus fréquentées que d'autres par des amateurs d'arts.

Je pense au film de Julian Schnabel ou l'on voit à un moment donné deux energumènes découper une porte où figure une peinture de SAMO - le Duo alors Basquiat-Garcia ...

La seconde vie artistique des images de la rue n'est-elle pas une variation ironique de l'art contemporain, trop souvent pris au piege de ses propres provocations artistiques mondaines ? Le risque pour l'artiste et l'œuvre, tout deux dans le cocon du micromarché - y est finalement très relatif.

Je lis un article présentant Bruno Caron, membre de la commission d'acquisition du FRAC et créateur de la Biennale de Rennes. L'homme y decrit le marché de l'art contemporain comme un divertissement pour la Jet-set… interessant point de vue émanant d'une personne connaissant son sujet.