11.06.2009 - 11.07.2009

Smilin' Demons Tatoo

Mollstraße. 4 : 68165 Mannheim
Di-Fr 13.00-20.00
Sa:13.00-18.00

Et si l'Enfer, c'était le Paradis…

SMILIN' DEMONS TATOO - comme son nom l'indique, est un salon de tatouage.
Mais il n'y a pas de démons… enfin, je ne crois pas.

C'est la premiere fois que je rentre dans un tel endroit.
L'ambiance est presque monacale, quand un client étendu attend le dessin définif.. Beaucoup de gens se font tatouer en Allemagne. Le tatouage n'est pas ici une marque indelebile douteuse comme souvent en France, mais un apparat symbolique; pour la vie.

On se fait tatouer pour exprimer sa vision du monde, sa spiritualite, pour sceller un pacte d'amour ou se reconnaitre comme personne faisant partie d'un groupe.

A Paris, l'homme trop tatoué - ou la femme - font peur.
Qu'il y ait en plus quelques percings ça et là… et cela devient un symptôme de marginalité potentielle… un signe quasi satanique en somme.

Il ne fait pas bon passer pour un diable, si l'on cherche un appartement ou un travail en France…

"L'Enfer c'est les autres" écrivit Jean-Paul Sartre.
Sans doute entendait-il aussi par là : l'enfer, c'est celui qui ne nous ressemble pas.

Je pense la société française dans une impasse culturelle sévère.
Même la "racaille" de mon quartier porte ses costards : le jean tombant sur les genoux, le "survet" de marque à capuche : un code vestimentaire aussi convenu et affligeant que la cravatte rayée de mon banquier.
… Et gare au "sale pd" tatoué ou percé qui rentrerais dans le quartier!

Ou est la création… ou est la tolérance de la difference?

De toute evidence, cette difference esthetique choque moins en Allemagne qu'en France. Thermomètre de la démocratie? Peut-être…

A Paris, hors du Marais - peu de salon de tatouage…

Mais venons en a mes sujets fétiches : les diables.

Moi qui aime tant peindre les bons diables, les faux diables, les "pas si diables que ça" - et par dessous tout; les diables qui regrettent leurs diableries - 'il me fallait décidement en peindre quelques uns.

C'est un sujet merveilleux pour un peintre soucieux de la ligne.
Le diable avec ses griffes et sa queue permet toutes les inventions graphiques - bien plus que les anges.
Peut-etre même que la notion d'angelisme est morte -ou pire -d'une niaiserie appuyée.
Du reste, je n'ai jamais vu d'œuvres contemporaines figuratives pertinentes dans une église. Les artistes créatifs doivent se résoudre à l'abstrait… comme dans les mosquées.

Oui, l'ange doit déchoir pour devenir interressant - autant dans sa forme que dans son être.
Et quant il déchoit, il devient sexué : Il y a les diables… et les diablesses.
Cela devient alors très intéressant…

Mais j'y pense : et si l'ordre divin n'était qu'une supercherie : n'appelle t'on pas aussi parfois le diable "Le malin".

Si le haut etait le bas et le bas le haut. Si les anges étaient lles diables et vice versa. Si nous tentions de croire, mais la tête en bas.

Si l'enfer, c'était le paradis…